Lors du déces de ma mère en juin 2006 j 'avais décidé avec mes fréres et soeurs de ramener une méche de ses cheveux sur sa terre natale à Sadec Sud Vietnam. Je ne savais pas à l'époque que son village natal c'était le village de Tan Qui Dong , village où vécurent Marguerite Duras et sa famille (Sa mére enseignait à l'école de Tan Qui Dong). Le but de ce voyage était d'abord de tenir cette promesse, de voir la Baie d' Halong , puis de retrouver la famille de mon oncle maternelle. Nous atterimes donc le 15 Octobre à Hanoi. Quelle ne fut ma surprise de voir tous ces scooters, motos.. circulant dans tous les sens, ne respectant aucune signalisation, j'avais peur que le conducteur n'en renverse ! Aprés nous etre installés à l'hotel puis nous nous sommes promenés dans HaNoi. L'impression de me retrouver 40 années en arriere, comme lorsque nous sommes arrivés à Noyant, presque dans les mêmes conditions de vie. Chaque visage me rappellait celui d'un enfant de Noyant et cette impression m'est resté pendant tout ce voyage du nord au sud de ce pays. A Noyant , nous avions des gens de toute les régions du Vietnam, ces visages me rappellaient toute mon enfance, mais je me suis apercu trés vite et l'on vous le fait vite comprendre que vous n'êtes pas Vietnamien. Malgré cela, j'ai toujours gardé le sourire, et à chaque sourire que j'adressai, j'en recevai en échange ! Il faut savoir donner pour recevoir et c'est ce que j'ai fait. Le vietnam, c'est le pays du sourire ! l'on m ' a souri du Nord au Sud , malgré les difficultés, les souffrances de la vie. J'ai compris beaucoup de choses sur nos parents à Noyant, en regardant ces femmes et ces hommes travaillés pour nourrir les leurs. 'No works No Foods' c'est ce que nous a dit un guide sur le bateau. Et Vous travaillez jusqu'à la mort, pas de retraite ! Ce sont vos enfants qui doivent subvenir à vos besoins lorsque vous ne pouvez plus travailler ! Si vous n'avez pas d'enfants, la mort vous attend ! Voilà la dure réalité de la vie au vietnam.Durant ces 15 jours , je n'ai par contre rencontrer que peu de mendiants. Ce que je veux écrire c'est qu'ils vous proposent toujours quelques babioles à acheter, par dignité. Seul les aveugles, les infirmes mendiaient ! L'on m' avait prévenu que lorsque que l'on allait dans la famille, ceux-ci quemandaient toujours de l'argent ! Peut être avons eu de la chance, mais ce n'était pas le cas lorsque nous avions retrouvés nos cousines, les filles de mon oncle. Ils ne nous ont jamais rien demandé quoique ce soit. Ils travaillent tous ensembles pour pouvoir vivre. Le pére prépare les gateaux, boissons pendant que l'ainée de 20 ans va vendre avec sa chariotte à partir de 5 heures du matin jusqu'à Minuit à la sortie des écoles, pour un salaire de 700 000 dongs en moyenne.( 1 euro c'est 23000 dongs et un repas pour un vietnamien vaut 7000 dongs le salire moyen d'un vietnamien aisé est de 150 euros ). Sachant cela, nous culpabilisions , mon frere et moi lorque nous déjeunions ! De plus d'ici 2 mois cad en décembre de cette année, le gouvernement va interdire toutes ces ventes à la sauvette, Chariottes, étalages, Cyclo-pousses ! Que vont devenir tous ces gens, comment vont ils faire ? Mais j'ai vu une grande solidarité entre eux, ils sont tous en train de s'entre-aider ! Malgré toute la misére que je voyais devant mes yeux, il y avait quand même beaucoup de bonheur dans ces visages d'enfants, de parents que je photographiai. C'était un moyen de rentrer en contact avec eux. Je leur demandai toujours l'autorisation de les photographier (en vietnamien) puis je leur montrai sur l'écran la photo prise. J'étais heureux de ces contacts jusqu'à ma rencontre avec ce petit garçon qui guidait son pére , aveugle, jouant de la flûte et lui essayant de vendre ses billets de loterie. Il ne faisait pas la manche, il n'embetait personne, il proposait ses billets. Vous les preniez ou vous les refusiez, il passait son chemin. Il baissait toujours les yeux, regardant toujours par terre. Il y avait tant de souffrance dans ce visage et tant de beauté que je n'ai pas pu me retenir et je vous avoue sincerement que j'ai craqué. J'en suis toujours autant ému et je n'arrive toujours pas m'en remettre aujourd'hui le 2 novembre. Pendant 3 jours j'ai essayé de l 'aider, lui et son pére mais je ne l'ai jamais vu sourire ! C'est la seule personne qui ne m ' a jamais souri , et cela m'a marqué et me marquera toujours ! Dans son regard, sa façon de marcher , de se comporter, je me suis revu il y a prés de 50 ans à Noyant ! Nous étions un peu tous comme lui miséreux ! J' ai une profonde admiration pour cet enfant, mais aussi une grande inquiétude car dans ce pays qu'est le Vietnam, personne ne s'occupe d'eux....Aujourd'hui , j'ai tenu ma promesse conçernant ma mére, j'ai vu la Baie d'Halong, nos cousines nous ont données une histoire sur mes grand-parents maternels , la seule question que je me pose ..... que faire pour ce garçon, pour son pére , pour tous ces enfants aveugles, pour tous ces démunis ?...